jeudi 26 juin 2014

Un article qui réunit différents articles parus dans la presse à propos des différents lobbys(?) (ies), très long mais très intéressant (tabac, médocs, lait, etc....)


Battez vous



 "J'ai tellement besoin d'amour,de tes bras,de ta voix de velours..."

mardi 27 mai 2014

Fête des mamans

Moi aussi je souhaite un bonne fête à ma maman à moi...Quoiqu'elle pense, je l' aime même si je suis incapable de le dire, c'est ma maman et ça c'est sacré!
Et aussi à ma grand-maman, la maman de mon papa...
Voici la dernière photo prise d'elle; elle qui depuis vingt ans disait à chaque fois qu'on la prenait en photo: " Oui prends-moi en photo, c'est peut-être la dernière..." Finalement elle nous a quitté à 94 ans, et jusqu'au bout elle avait toute sa tête et avait toujours le sens de l' humour!!!
Une pensée aussi pour ma oma que je n'ai pas connue longtemps...
Eh ouais séquence nostalgie aujourd'hui...pas négatif du tout...de temps en temps il faut se souvenir de ses racines.
Hommage à toutes les mamans!!!
"Louange à vous, mères de tous les pays, louange à vous en votre sœur ma mère, [...]. Mères de toute la terre. Nos Dames les mères, je vous salue, vieilles chéries, vous qui nous avez appris à faire les nœuds des lacets de nos souliers, qui nous avez appris à nous moucher, ou, qui nous avez montré qu’il faut souffler dans le mouchoir et y faire feufeu, comme vous disiez, vous mères de tous les pays, vous qui patiemment enfourniez, cuillère après cuillère, la semoule que nous, bébés, faisions tant de chichis pour accepter, vous qui, pour nous encourager à avaler les pruneaux cuits, nous expliquiez que les pruneaux sont de petits nègres qui veulent rentrer dans leur maison et alors le petit crétin, ravi et soudain poète, ouvrait la porte de la maison, vous qui étiez sans cesse à arranger nos mèches bouclées et nos cravates pour que nous fussions jolis avant l’arrivée des visites ou avant notre départ pour l’école, vous qui sans cesse harnachiez et pomponniez vos vilains nigauds petits poneys de fils dont vous étiez les bouleversantes propriétaires, vous qui nettoyiez tout de nous et nos sales genoux terreux et écorchés et nos sales petits nez de marmots morveux, vous qui n’aviez aucun dégoût de nous, vous, toujours si faibles avec nous, indulgentes qui plus tard vous laissiez si facilement embobiner et refaire par vos fils adolescents et leur donniez toutes vos économies, je vous salue, majestés de nos mères. Je vous salue, mères pleines de grâce, saintes sentinelles, courage et bonté, chaleur et regard d’amour, vous aux yeux qui devinent, vous qui savez tout de suite si les méchants nous ont fait de la peine, vous, seuls humains en qui nous puissions avoir confiance et qui jamais, jamais ne nous trahirez, je vous salue, mères qui pensez à nous sans cesse et jusque dans vos sommeils, mères qui pardonnez toujours et caressez nos fronts de vos mains flétries, mères qui nous attendez, mères qui êtes toujours à la fenêtre pour nous regarder partir, mères qui nous trouvez incomparables et uniques, mères qui ne vous lassez jamais de nous servir et de nous couvrir et de nous border au lit même si nous avons quarante ans, qui ne nous aimez pas moins si nous sommes laids, ratés, avilis, faibles ou lâches, mères qui parfois me faites croire en Dieu. "
Citation de Albert Cohen, Le livre de ma mère.








vendredi 16 août 2013

mercredi 29 mai 2013

Facebook, narcissime et exhibitionnisme. Par Robert Redeker

Ces dernières années ont été celles du surgissement de médias inattendus. Parmi eux : Facebook, média autoproclamé de socialisation.  Une familiarisation avec ce réseau fait rapidement ressortir une autre caractéristique, moins reluisante que la socialisation : Facebook est aussi un média d’exhibition. La socialisation y est le masque de l’exhibition.

Que fait-il, Homo Numericus, sur ce « réseau social »? Il y publie ses pensées les plus triviales, ses idées les plus insignifiantes sans aucune exigence de qualité intellectuelle. L’’exigence stylistique s’avère absente elle aussi : il n’y a pas d’écriture sur Facebook. On n’y écrit pas, on y communique. L’écriture – qui culmine chez les classiques de la littérature – repose sur un travail d’élaboration. Elle est indirecte. L’impératif du réseau social énonce le contraire: dire directement, en quelques mots, sans élaboration.  Brut de décoffrage – le contraire de la pensée, le contraire de la littérature.
Sur Facebook, la communication a tué l’écriture.
La communication sans le dialogue signe Facebook. La limitation du nombre de signes laissés aux commentaires est faite pour empêcher le dialogue. Le fil des discussions le met en évidence : sur Facebook, on ne se rencontre pas, on se croise. Les humains y sont des bulles autocentrées dont le lien social se réduit à la communication. Une forme nouvelle de communication s’impose ainsi : la communication sans la rencontre ni le dialogue. Disons plus : sans enjeu.
Dans la vie extérieure à Facebook, il en allait, dans la communication, du sens de la vie. La communication avait l’épaisseur de l’existence. Elle gonflait l’existence de sa sève, lui donnant sa signification. Le sens était l’enjeu. Facebook au contraire promeut une communication vidée du sens.
La ligne de partage entre vie privée et vie publique se reconfigure, sinon s’efface du fait de l’évolution technologique. La télé-réalité (Secret Story) aussi bien que Facebook manifestent une généralisation de  l’exhibitionnisme qui signale un nouveau rapport à la vie. Exhibition de l’égo, du moi, ou de ce qu’il en reste. Au vu de la consternante banalité des conversations électroniques sur le réseau social, un constat s’impose : le facebookien rejoint dans le néant de l’humain les candidats des émissions de téléréalité. L’exhibitionnisme du vide y triomphe.
Cet exhibitionnisme est paradoxal dans la mesure où il repose sur l’éclipse, signalée par Michel Foucault comme étant « la mort de l’homme »,  de l’intériorité : l’exhibitionnisme se répand parce qu’il n’y a plus rien – à part le sordide conformisme - à exhiber. En parallèle avec la téléréalité, Facebook fait paraître une mutation du psychisme humain : un nouveau moi – un moi sans profondeur – et une nouvelle subjectivité – une subjectivité sans intériorité.
Rien n’est plus frappant que la partie photo des pages facebookiennes. La plupart des internautes laissent d’innombrables photographies d’eux-mêmes singeant plus ou moins consciemment l’univers «people ». Sur Facebook, l’exhibitionnisme, tourné vers les voyeurs, épouse le narcissisme, tourné vers une intériorité disparue. Jadis, le narcissisme se repliait sur le moi, la profondeur ; ici, il se replie sur le corps, la superficialité.

Finalement, Facebook désinhibe le narcissime et l’exhibitionnisme tout en les transformant. Cette situation trace les contours d’un type nouveau d’être humain. Il n’écrit plus, il ne pense plus, il communique. Il twitte. Son rapport au monde ne passe plus par les méandres de l’intériorité, la profondeur de l’âme, lieux du secret, mais par un réseau virtuel dont la nature repose dans la publicité, excluant tout obstacle à la transparence, en particulier la profondeur.

Robert Redeker (philosophe), “Facebook, narcissisme et exhibitionnisme”, in Médias, hiver 2009