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samedi 26 mars 2011

Apprendre

Sous le soleil la terre se fend
Pour cet homme et pour son enfant,
Après le puits qu'il faut creuser
Il reste un sillon à tracer...
Sans attendre...

Apprendre ...
À lire, à écrire, à compter
Ouvrir les portes encore fermées
Sur ce savoir accumulé
Qu'on lui en donne un jour la clé
Il a le monde à sa portée...

Lire... Apprendre à lire entre les lignes
Découvrir la magie des signes
Et les trésors inépuisables
Qu'on emporte dans son cartable

Comprendre...
C'est comme un mur que l'on traverse
C'est la brume qui se disperse
Une promesse encore plus belle
La connaissance universelle

Compter...
Apprendre à compter sur soi-même
À compter pour ceux qui vous aiment
Pour faire aussi partie du nombre
Pouvoir enfin sortir de l'ombre

Comprendre...
Combien la vie peut être belle
Et se mettre à compter pour elle
Faire la somme de sa différence
Et se soustraire à l'ignorance

Écrire...
Apprendre à écrire son histoire
À la plume et au crayon noir
En appliquant son écriture
Raconter sa propre aventure...

Surprendre...
Cueillir ses mots comme des fleurs
Semer des graines au long des cœurs
Confier son âme et sa mémoire
A celui qui viendra plus tard


Pour cet enfant à son pupitre
Tirer la langue sur le titre
Écrire son nom sur son cahier
C'est plonger vers sa liberté.
Yves Duteil

lundi 21 mars 2011

dimanche 16 janvier 2011

Education nationale

Grand Corps Malade - Education Nationale
envoyé par GrandCorpsMalade. - Regardez la dernière sélection musicale.
J’m'appelle Moussa, j’ai 10 ans, j’suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j’ai grandi et où j’suis né
Mon école elle est mignone même si les murs sont pas tous neufs
Dans chaque salle y a plein de bruit moi dans ma classe on est 29
-
Y a pas beaucoup d’élèves modèles et puis on est un peu dissipés
J’crois qu’nous sommes ce qu’on appelle des élèves en difficulté
Moi en maths j’suis pas terrible mais c’est pas pire qu’en dictée
C’que je préfère c’est 16h j’retrouve les grands dans mon quartier
-
Pourtant ma maitresse j’l'aime bien elle peut être dure mais elle est patiente
Et si jamais je comprends rien elle me réexplique elle est pas chiante
Elle a toujours plein d’idées et de projets pour les sorties
Mais on a que 2 cars par an qui sont prêtés par la mairie
-
Je crois que mon école elle est pauvre, on n’a pas de salle informatique
On n’a que la cour et le préau pour faire de la gymastique
A la télé j’ai vu que des classes faisaient du golf en EPS
Nous on a que des tapis et des cerceaux et la détresse de nos maitresses
-
Alors si tout s’joue à l’école, il est temps d’entendre le SOS
Ne laissons pas s’creuser l’fossé d’un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours y a trop de pions dans le jeu d’échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fous dans des défaites spectaculaires
-
L’enseignement en France va mal et personne peut nier la vérité
Les zones d’éducation prioritaires ne sont pas des priorités
Les classes sont surchargées pas comme la paye des profs minés
Et on supprime des effectifs dans des écoles déjà en apnées
-
Au contraire faut rajouter des profs et des autres métiers qui prennent la relève
Dans des quartiers les plus en galère, créer des classes de 15 élèves
Ajouter des postes d’assistants ou d’auxiliaires qui aident aux devoirs
Qui connaissent les parents et accompagnent les enfants les plus en retard
-
L’enseignement en France va mal, l’état ne met pas assez d’argent
Quelques réformes à deux balles pour ne pas voir le plus urgent
Un établissement scolaire sans vrais moyens est impuissant
Comment peut on faire des économies sur l’avenir de nos enfants
-
L’enseignement en France va mal car il rend pas les gens égaux
Les plus fragiles tirent l’alarme mais on étouffe leur écho
L’école publique va mal car elle a la tête sous l’eau
Y a pas d’éducation nationale, y a que des moyens de survies locaux


Alors continuons de dire aux p’tits frères que l’école est la solution
Et donnons leur les bons outils pour leur avenir car attention
La réussite scolaire dans certaines zones pourrait rester un mystère
Et l’égalité des chances un concept de ministère
-
Alors si tout s’joue à l’école, il est temps d’entendre le SOS
Ne laissons pas s’creuser l’fossé d’un enseignement à deux vitesses
Au milieu des tours il y a trop de pions dans le jeu d’échec scolaire
Ne laissons pas nos rois devenir fous dans des défaites spectaculaires.
-
J’m'appelle Moussa, j’ai 10 ans, j’suis en CM2 à Epinay
Ville du 93 où j’ai grandi et où j’suis né
C’est pas d’ma faute à moi si j’ai moins de chance d’avoir le bac
C’est simplement parce que j’vis là, que mon avenir est un cul de sac.



Un texte d'actualité malheureusement; faire des économies sur l' éducation de nos enfants c'est une réalité, et pas seulement dans les banlieues "sensibles"; on en fait tous les frais, les enfants c'est évident, mais aussi nous autres instits, pour qui la mission est quasi impossible dans ces conditions.On travaille toujours plus, on fait ce qu'on peut,et sur nous pèse la responsabilité de l' échec ou de la réussite de tous les enfants. Et on en fait jamais assez d'ailleurs, aucune reconnaissance , aucune gratitude de ceux d' "en-haut", de ceux d'en bas n'en parlons pas...qui pensent que c'est à l' école d' éduquer leurs enfants, quand ils sont défaillants.
Quelle responsabilité!!! Un sacerdoce ce métier, je vous dis.
Non je ne suis pas aigrie; je suis heureuse quand les yeux des enfants brillent quand ils sont félicités, quand ils sont passionnés , quand tout simplement on les écoute! Je suis heureuse quand je sais qu'ils se sentent bien dans leur classe, qu'ils sont fiers de leur "oeuvre", quand ils sourient et quand ils rient, quand ils chantent et me récitent en choeur la poésie apprise il  y a deux mois , qu'ils n'ont pas oublié et qu'ils ont aimé...Oui, c'est un beau métier...






samedi 15 janvier 2011

La journée de la jupe

AMBIDEXTRE: La journée de la jupe
Arte; La journée de la jupe
Ni putes ni soumises

Le 25 novembre, toutes en Jupe !

Le 25 novembre, toutes en Jupe !
Lorsque je suis en jupe, je remarque, oui, que les hommes me regardent. Lorsque je suis en jupe, je me sens femme, oui, aussi dans mon propre regard. Lorsque mes sœurs, à Vitry ou ailleurs, tentent d’en faire de même, elles se font traiter de putes. Elles bravent l'interdit en arborant trop de liberté et de féminité.
C’est de là qu’est venue l’idée de se servir des jupes comme un symbole de notre mouvement. Le 25 novembre donc, journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, j’appelle toutes les françaises à porter une jupe, qu’elle soit crayon, porte feuille, mini, bouffante, plissée…comme un acte de soutien à toutes celles qui subissent le fait d’être née femme.
Aussi, ce même jour, Ni Putes Ni Soumises organisera « Toutes en Jupes », une vente aux enchères de jupes de femmes célèbres, qui ont décidé de soutenir notre combat pour les femmes. Les fonds récoltés à l’occasion de cette vente serviront à financer des « appartements-relais », projet de Ni Putes Ni Soumises et de l’association Aurore, un acteur social reconnu. Dans la continuité, des photos de filles des quartiers portant les dites jupes seront exposées et mises en vente.
J’attends que les valeurs de Ni Putes Ni Soumises de métissage et de mixité empreignent le Palais de Tokyo le soir du 25 novembre, et que cette soirée soit un bel hommage à toutes celles qui se battent, en France et ailleurs, contre les pressions de toutes sortes.
Sihem HABCHI
Présidente de Ni Putes Ni Soumises
publié le samedi 9 octobre 2010 à 12:05 par npns


Je viens de visionner le film ; je reste sans voix.... 

dimanche 2 janvier 2011

Aimer la main ouverte

Voici un texte que l'on m'avait présenté lors d'un stage d'instits et qui m'a beaucoup marqué; à méditer pour sa pratique professionnelle , mais aussi et surtout dans sa vie privée, pour l' éducation de ses enfants, dans ses relations avec les autres, enfin...à lire et à méditer...


Aimer la main ouverte

 «Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de
son cocon, et voulant l'aider, écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager une ouverture. Le papillon libéré, sortit du cocon et battit des ailes mais ne put s'envoler. Ce qu'ignorait cette personne compatissante, c'est que c'est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l'envol. Sa Vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais il ne connut la liberté, jamais il ne vécut réellement.»
Apprendre à aimer la main ouverte est une toute autre démarche.
C'est un apprentissage qui a cheminé progressivement en moi, façonné dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience. J'apprends que je dois laisser libre quelqu'un que j'aime, parce que si je m'agrippe, si je m'attache, si j'essaie de contrôler, je perds ce que je tente de garder.
Si j'essaie de changer quelqu'un que j'aime, parce que je sens que je sais
comment cette personne devrait être, je lui vole un droit précieux, le droit d'être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.
Chaque fois que j'impose mon désir ou ma volonté, ou que j'essaie d'exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dépossède de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. Je la brime et la contrecarre par mon acte de possession, même si mes intentions sont les meilleures.
Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour
protéger quelqu'un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots : Tu es incapable de t'occuper de toi-même, je dois m'occuper de toi parce que tu m'appartiens. Je suis responsable de toi.
Au fur et à mesure de mon apprentissage et de ma pratique, je peux dire à
quelqu'un que j'aime : «Je t'aime, je t'estime, je te respecte et j'ai confiance en toi. Tu as en toi (ou tu peux développer) la force de devenir tout ce qu'il t'est possible de devenir, à condition que je ne me mette pas en travers de ton chemin. Je t'aime, tant que je peux te laisser la liberté de marcher à côté de moi, dans la joie et dans la tristesse. Je partagerai tes larmes, mais je ne te demanderai pas de ne pas pleurer. Je répondrai si tu as besoin de moi, je prendrai soin de toi, je te réconforterai, mais je ne te soutiendrai pas quand tu pourras marcher tout seul.
Je serai prête à être à tes côtés dans la peine et la solitude, mais je ne les éloignerai pas de toi. Je m'efforcerai d'écouter ce que tu veux dire, avec tes paroles à toi, mais je ne serai pas toujours d'accord avec toi.
Parfois, je serais en colère, et quand je le serai, j'essaierai de te le dire
franchement, de façon à ne pas avoir besoin d'être irritée de nos différences, ni de me brouiller avec toi. Je ne peux pas toujours être avec toi ou écouter ce que tu dis, parce qu'il y a des moments où je dois m'écouter moi-même, prendre soin de moi. Quand cela arrivera, je serai aussi sincère avec toi que je pourrai l'être.»
J'apprends à dire cela à ceux que j'aime et qui sont importants pour moi, que ce soit avec des mots ou par ma façon d'être avec les autres et avec moi-même.
Voilà ce que j'appelle aimer la main ouverte.
Je ne peux pas toujours m'empêcher de mettre mes mains dans le cocon...
mais j'y arrive mieux, beaucoup mieux depuis que je me respecte aussi.
Ruth SANFORD
Oeuvre de Le Corbusier, La Main Ouverte (1950)
La main ouverte est l’expression symbolique du message que Le Corbusier a voulu exprimer dans l’ensemble de ses travaux (…). La philosophie de l’immense architecte, du magnifique peintre, du poète qu’il fut - avant tout et… avec tout ! -, trouve ici un signe éminemment fraternel qui passe le temps et parle à tous (…). L’unicité de Le Corbusier est basée sur l’universalité de son travail et de sa pensée. Il parle à l’homme, il parle de paix, il s’adresse à la conscience. (…) « Nous devons être en demande d’œuvres de paix, » dit Le Corbusier. « Les outils dans la main. Les caresses de la main. La vie que l’on goûte par le pétrissement des mains. La vue qui est dans la palpation. Pleine main j’ai reçu, pleine main je donne ».