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mardi 22 mars 2011

Fût n'en bulle - Le blog de elisabelleauboisdormant.over-blog.com

Mektoub!

Au silence imposé, alors mets toi à crier,
A la distance creusée, alors trace ta route sans chercher à te rapprocher
Aux idées dictatoriées, alors innove et exprime tes propres idées
Aux sentiments téléguidés,privilégie ce que tu veux sans subir ce que tu ne veux pas
Reste toi
Quoi qu' il en soit
tu n' es pas un mouton de Panurge
mais un humain à part entière
tu as le droit d' exister
à ta manière
tu as le devoir d' être reconnu
tel que tu es
sans devenir la matière de qui que ce soit
tu existes
fais de ta vie un rêve
d'un rêve ta réalité

Mektoub!



vendredi 18 mars 2011

Bonheur?

"De nombreuses personnes se font une fausse idée du Bonheur.On ne l' atteint pas en satisfaisant ses désirs, mais en se vouant à un but louable."
Helen Keller 

jeudi 10 mars 2011

La femme

"La femme est comme une coupe d'argent où nous déposons nos fruits d'or "
Emmanuel Kant

vendredi 4 mars 2011

Changer...

" Un guerrier de la lumière constate que certains moments se répètent.
Fréquemment, il se voit placé devant des problèmes et des situations auxquels il avait déjà été confronté. Alors il est déprimé. Il songe qu’il est incapable de progresser dans la vie, puisque les difficultés sont de retour.
" Je suis déjà passé par là, se plaint – il à son coeur.
- Il est vrai que tu as déjà vécu cela, répond son coeur. Mais tu ne l’as jamais dépassé."
Le guerrier comprend alors que la répétition des expériences a une unique finalité : lui enseigner ce qu’ il n’a pas encore appris."
Paulo Coelho: " Le manuel du guerrier de la lumière"
Et qu'il n' est jamais trop tard pour changer et casser le cercle infernal.... 

jeudi 3 mars 2011

La chèvre de Monsieur Seguin

Une histoire que j' adore et qui me donne des frissons lorsque je la lis à mes petits élèves. Une histoire pleine d' enseignements et qui donne à réfléchir...sur la vie...


La Chèvre de Monsieur Seguin

d' Alphonse Daudet

À M. Pierre Gringoire, poète lyrique à Paris
Tu seras bien toujours le même, mon pauvre Gringoire !
Comment ! on t'offre une place de chroniqueur dans un bon journal de Paris, et tu as l'aplomb de refuser... Mais regarde-toi, malheureux garçon ! Regarde ce pourpoint troué, ces chausses en déroute, cette face maigre qui crie la faim. Voilà pourtant où t'a conduit la passion des belles rimes ! Voilà ce que t'ont valu dix ans de loyaux services dans les pages du sire Apollo... Est-ce que tu n'as pas honte, à la fin ?
Fais-toi donc chroniqueur, imbécile ! Fais-toi chroniqueur ! Tu gagneras de beaux écus à la rose, tu auras ton couvert chez Brébant, et tu pourras te montrer les jours de première avec une plume neuve à ta barrette...
Non ? Tu ne veux pas ?... Tu prétends rester libre à ta guise jusqu'au bout... Eh bien, écoute un peu l'histoire de la chèvre de M. Séguin. Tu verras ce que l'on gagne à vouloir vivre libre.
M. Séguin n'avait jamais eu de bonheur avec ses chèvres.
Il les perdait toutes de la même façon : un beau matin, elles cassaient leur corde, s'en allaient dans la montagne, et là-haut le loup les mangeait. Ni les caresses de leur maître, ni la peur du loup, rien ne les retenait. C'était, paraît-il, des chèvres indépendantes, voulant à tout prix le grand air et la liberté.
Le brave M. Séguin, qui ne comprenait rien au caractère de ses bêtes, était consterné. Il disait :
- C'est fini ; les chèvres s'ennuient chez moi, je n'en garderai pas une.
Cependant, il ne se découragea pas, et, après avoir perdu six chèvres de la même manière, il en acheta une septième ; seulement, cette fois, il eut soin de la prendre toute jeune, pour qu'elle s'habituat à demeurer chez lui.
Ah ! Gringoire, qu'elle était,jolie la petite chèvre de M. Séguin ! qu'elle était,jolie avec ses yeux doux, sa barbiche de sous-officier, ses sabots noirs et luisants, ses cornes zébrées et ses longs poils blancs qui lui faisaient une houppelande ! C'était presque aussi charmant que le cabri d'Esméralda, tu te rappelles, Gringoire ? - et puis, docile, caressante, se laissant traire sans bouger, sans mettre son pied dans l'écuelle. Un amour de petite chèvre...
M. Séguin avait derrière sa maison un clos entouré d'aubépines. C'est là qu'il mit la nouvelle pensionnaire.
Il l'attacha à un pieu, au plus bel endroit du pré, en ayant soin de lui laisser beaucoup de corde, et de temps en temps, il venait voir si elle était bien. La chèvre se trouvait très heureuse et broutait l'herbe de si bon coeur que M. Séguin était ravi.
- Enfin, pensait le pauvre homme, en voilà une qui ne s'ennuiera pas chez moi !
M. Séguin se trompait, sa chèvre s'ennuya.
Un jour, elle se dit en regardant la montagne :
- Comme on doit être bien là-haut ! Quel plaisir de gambader dans la bruyère, sans cette maudite longe qui vous écorche le cou !... C'est bon pour l'âne ou pour le boeuf de brouter dans un clos !... Les chèvres, il leur faut du large. .
À partir de ce moment, l'herbe du clos lui parut fade.
l'ennui lui vint. Elle maigrit, son lait se fit rare. C'était pitié de la voir tirer tout le jour sur sa longe, la tête tournée du côté de la montagne, la narine ouverte, en faisant Mê.!... tristement.
M. Séguin s'apercevait bien que sa chèvre avait quelque chose, mais il ne savait pas ce que c'était... Un matin, comme il achevait de la traire, la chèvre se retourna et lui dit dans son patois :
- Écoutez, monsieur Séguin, je me languis chez vous, laissez-moi aller dans la montagne.
- Ah ! mon Dieu !... Elle aussi ! cria M. Séguin stupéfait, et du coup il laissa tomber son écuelle ; puis, s'asseyant dans l'herbe à côté de sa chèvre :
- Comment, Blanquette, tu veux me quitter !
Et Blanquette répondit :
- Oui, monsieur Séguin.
- Est-ce que l'herbe te manque ici ?
- Oh ! non ! monsieur Séguin.
- Tu es peut-être attachée de trop court, veux-tu que j'allonge la corde ?
- Ce n'est pas la peine, monsieur Séguin.
- Alors, qu'est-ce qu'il te faut ? qu'est-ce que tu veux ?
- Je veux aller dans la montagne, monsieur Séguin.
- Mais, malheureuse, tu ne sais pas qu'il y a le loup dans la montagne... Que feras-tu quand il viendra ?...
- Je lui donnerai des coups de cornes, monsieur Séguin.
- Le loup se moque bien de tes cornes. Il m'a mangé des biques autrement encornées que toi... Tu sais bien, la pauvre vieille Renaude qui était ici l'an dernier ? une maîtresse chèvre, forte et méchante comme un bouc. Elle s'est battue avec le loup toute la nuit... puis, le matin, le loup l'a mangée.
- Pécaïre ! Pauvre Renaude !... Ça ne fait rien, monsieur Séguin, laissez-moi aller dans la montagne.
- Bonté divine !... dit M. Séguin ; mais qu'est-ce qu'on leur fait donc à mes chèvres ? Encore une que le loup va me manger... Eh bien, non... je te sauverai malgré toi, coquine ! et de peur que tu ne rompes ta corde, je vais t'enfermer dans l'étable et tu y resteras toujours.
Là-dessus, M. Séguin emporta la chèvre dans une étable toute noire, dont il ferma la porte à double tour.
Malheureusement, il avait oublié la fenêtre et à peine eut tourné, que la petite s'en alla...Tu ris, Gringoire ? Parbleu ! je crois bien ; tu es du parti des chèvres, toi, contre ce bon M. Séguin... Nous allons voir si tu riras tout à l'heure.
Quand la chèvre blanche arriva dans la montagne, ce fut un ravissement général. Jamais les vieux sapins n'avaient rien vu d'aussi joli. On la reçut comme une petite reine. Les châtaigniers se baissaient jusqu'à terre pour la caresser du bout de leurs branches. Les genêts d'or s'ouvraient sur son passage, et sentaient bon tant qu'ils pouvaient. Toute la montagne lui fit fête.
Tu penses, Gringoire, si notre chèvre était heureuse !
Plus de corde, plus de pieu... rien qui l'empêchât de gambader, de brouter à sa guise... C'est là qu'il y en avait de l'herbe ! jusque par-dessus les cornes, mon cher!... Et quelle herbe! Savoureuse, fine, dentelée, faite de mille plantes... C'était bien autre chose que le gazon du clos. Et les fleurs donc !... De grandes campanules bleues, des digitales de pourpre à longs calices, toute une forêt de fleurs sauvages débordant de sucs capiteux !...
La chèvre blanche, à moitié soûle, se vautrait là-dedans les jambes en l'air et roulait le long des talus, pêle-mêle avec les feuilles tombées et les châtaignes... Puis, tout à coup elle se redressait d'un bond sur ses pattes. Hop ! la voilà partie, la tête en avant, à travers les maquis et les buissières, tantôt sur un pic, tantôt au fond d'un ravin, là haut, en bas, partout... On aurait dit qu'il y avait dix chèvres de M. Séguin dans la montagne.
C'est qu'elle n'avait peur de rien la Blanquette.
Elle franchissait d'un saut de grands torrents qui l'éclaboussaient au passage de poussière humide et d'écume.
Alors, toute ruisselante, elle allait s'étendre sur quelque roche plate et se faisait sécher par le soleil... Une fois, s'avançant au bord d'un plateau, une fleur de cytise aux dents, elle aperçut en bas, tout en bas dans la plaine, la maison de M. Séguin avec le clos derrière. Cela la fit rire aux larmes.
- Que c'est petit ! dit-elle ; comment ai-je pu tenir là dedans ?
Pauvrette ! de se voir si haut perchée, elle se croyait au moins aussi grande que le monde...
En somme, ce fut une bonne journée pour la chèvre de M. Séguin. Vers le milieu du jour, en courant de droite et de gauche, elle tomba dans une troupe de chamois en train de croquer une lambrusque à belles dents. Notre petite coureuse en robe blanche fit sensation. On lui donna la meilleure place à la lambrusque, et tous ces messieurs furent très galants... Il paraît même, - ceci doit rester entre nous, Gringoire, - qu'un jeune chamois à pelage noir, eut la bonne fortune de plaire à Blanquette. Les deux amoureux s'égarèrent parmi le bois une heure ou deux, et si tu veux savoir ce qu'ils se dirent, va le demander aux sources bavardes qui courent invisibles dans la mousse.
Tout à coup le vent fraîchit. La montagne devint violette ; c'était le soir.
- Déjà ! dit la petite chèvre ; et elle s'arrêta fort étonnée.
En bas, les champs étaient noyés de brume. Le clos de
M. Séguin disparaissait dans le brouillard, et de la maisonnette on ne voyait plus que le toit avec un peu de fumée. Elle écouta les clochettes d'un troupeau qu'on ramenait, et se sentit l'âme toute triste... Un gerfaut, qui rentrait, la frôla de ses ailes en passant. Elle tressaillit...
Puis ce fut un hurlement dans la montagne :
- Hou ! hou !
Elle pensa au loup ; de tout le jour la folle n'y avait pas pensé... Au même moment une trompe sonna bien loin dans la vallée. C'était ce bon M. Séguin qui tentait un dernier effort.
- Hou ! hou !... faisait le loup.
- Reviens ! reviens !... criait la trompe.
Blanquette eut envie de revenir ; mais en se rappelant le pieu, la corde, la haie du clos, elle pensa que maintenant elle ne pouvait plus se faire à cette vie, et qu'il valait mieux rester.
La trompe ne sonnait plus...
La chèvre entendit derrière elle un bruit de feuilles.
Elle se retourna et vit dans l'ombre deux oreilles courtes, toutes droites, avec deux yeux qui reluisaient...
C'était le loup.
Énorme, immobile, assis sur son train de derrière, il était là regardant la petite chèvre blanche et la dégustant par avance. Comme il savait bien qu'il la mangerait, le loup ne se pressait pas ; seulement, quand elle se retourna, il se mit à rire méchamment.
- Ah ! ha ! la petite chèvre de M. Séguin ! et il passa sa grosse langue rouge sur ses babines d'amadou.
Blanquette se sentit perdue... Un moment, en se rappelant l'histoire de la vieille Renaude, qui s'était battue toute la nuit pour être mangée le matin, elle se dit qu'il vaudrait peut-être mieux se laisser manger tout de suite; puis, s'étant ravisée, elle tomba en garde, la tête basse et la corne en avant, comme une brave chèvre de M. Séguin qu'elle était... Non pas qu'elle eût l'espoir de tuer le loup, les chèvres ne tuent pas le loup, - mais seulement pour voir si elle pourrait tenir aussi longtemps que la Renaude...
Alors le monstre s'avança, et les petites cornes entrèrent en danse.
Ah ! la brave chevrette, comme elle y allait de bon coeur! Plus de dix fois, je ne mens pas, Gringoire, elle força le loup à reculer pour reprendre haleine. Pendant ces trêves d'une minute, la gourmande cueillait en hâte encore un brin de sa chère herbe ; puis elle retournait au combat, la bouche pleine... Cela dura toute la nuit. De temps en temps la chèvre de M. Séguin regardait les étoiles danser dans le ciel clair et elle se disait :
- Oh ! pourvu que je tienne jusqu'à l'aube...
L'une après l'autre, les étoiles s'éteignirent. Blanquette redoubla de coups de cornes, le loup de coups de dents...
Une lueur pâle parut dans l'horizon... Le chant du coq enroué monta d'une métairie.
- Enfin ! dit la pauvre bête, qui n'attendait plus que le jour pour mourir ; et elle s'allongea par terre dans sa belle fourrure blanche toute tachée de sang...
Alors le loup se jeta sur la petite chèvre et la mangea.
Adieu, Gringoire !
l'histoire que tu as entendue n'est pas un conte de mon invention. Si jamais tu viens en Provence, nos ménagers te parleront souvent de la cabro de moussu Séguin, que se battégue tonto la neui erré lou loup, e piei lou matin lou loup la mangé .
Tu m'entends bien, Gringoire. 

dimanche 20 février 2011

Amour: à la recherche d'un mode d' emploi

Il y a cinquante ans, le psychanalyste germano-américain Erich Fromm écrivait déjà, dans son Art d’aimer (Desclée De Brouwer, 1995) : “Il n’y a guère d’activité, d’entreprise, dans laquelle on s’engage avec des espoirs et des attentes aussi démesurées, et qui, pourtant, échoue aussi régulièrement que l’amour.”
Autour de l’amour…
Comme très peu d’entre nous en concluront qu’il vaut mieux y renoncer et apprendre à la place la cuisine ou le russe, essayons au moins de comprendre quelques bribes actuelles de cette pulsion tenace. “Est-ce que tu m’aimes ?” Que veut dire exactement le oui qui vient en réponse ? Que l’autre est la personne la plus importante de notre vie ? Que l’on éprouve simplement un vif plaisir à penser à elle ? Dans les deux cas, ce oui est sincère, mais ne pèse toutefois pas le même poids. L’amour est le type même du mot-valise, où chacun fourre ce qui lui convient. Quand l’un parle d’engagement, l’autre, avec le même mot, répond attirance. D’où une inépuisable cascade de malentendus.
Les dilemmes
Du fait de la solitude engendrée par notre individualisme et de l’inlassable décomposition-recomposition des familles, nous nous sentons plus isolés. Il n’est donc pas surprenant que la demande amoureuse soit plus forte que jamais. Mais la démarche n’est guère plus assurée et le taux d’échec reste bien peu encourageant. Pourquoi ? C’est qu’en tant qu’amants, nous sommes devenus à la fois plus sceptiques et plus exigeants, mais toujours mal équipés pour exercer l’art d’aimer.
Plus sceptiques
Qui, passé l’adolescence (et même pendant ?), oserait encore faire rimer amour et toujours ? L’amour paraît frappé de précarité, et Philippe Sollers s’excuse presque d’affirmer, dans Passion fixe (Gallimard, 2000), qui raconte sa liaison de trente ans avec l’écrivain Dominique Rollin, que ça puisse quelquefois – mais si, mais si ! – durer longtemps. Entre les enfants nés hors mariage (près de 40 %) et ceux dont les parents se sont séparés, seule une minorité d’entre nous pourra se référer dans son enfance à une image de couple “indéfectible”. Comme si le moule s’était cassé.
Depuis qu’il est admis que chacun vivra plusieurs amours, on ne sait plus bien comment “coter” le sentiment qu’on se surprend à éprouver : désir, flirt, relation, jolie histoire ou Grand Amour ? A force de refuser de se faire avoir, on ne se donne plus : on se prête et on guette l’apparition de la moindre lézarde au ciel de lit. Puisqu’on s’attend à l’éphémère, il a d’autant plus de chances de s’accomplir.
Plus exigeants
Tout le monde, passé 12 ans, s’estime sexuellement affranchi. Les mêmes adolescentes, qui rêvent comme avant du prince charmant, se lancent en cour de récréation des vannes à propos de leurs zones érogènes. Et celles qui rougissent se font traiter de “coincées du cul”. On veut “s’éclater” et on compte sur l’autre pour mettre le feu. De plus, la vulgate psy imprégnant les émissions télévisées de grande écoute, chacun veut “s’accomplir” et éviter de “s’aliéner” dans une relation insatisfaisante. En échange d’une part – à négocier – de notre très sacrée liberté, on attend de l’autre tout à la fois de la passion, du respect, de la tolérance, de l’humour, de la responsabilité et de la virtuosité érotique. Epuisant, non ?
Les unes regrettent les “vrais hommes” et les autres fantasmes sur les “vraies femmes”. Les modèles idéaux, abondamment détaillés par les médias, intimident les soupirants. Une fois amants, on ne sait plus bien jusqu’à quand on reste en période d’essai.
Mal équipés
On aurait pu espérer que la constatation de ces déconvenues pousse à plus de réalisme dans la pratique. Pourtant, la plupart d’entre nous continuent à confondre la magie de la rencontre avec une assurance de durée. L’une ne se commande pas, l’autre requiert un minutieux travail quotidien que personne ne nous apprend. On semble mieux informé des pièges de l’amour que de son mode d’emploi. On continue à croire que l’essentiel est d’avoir trouvé l’objet de son amour, sans s’interroger sur ses propres compétences à faire durer la relation. On semble attendre de l’amour la solution à nos insatisfactions narcissiques et affectives, sans mesurer combien il a besoin de santé psychique mutuelle pour s’épanouir.
La plupart d’entre nous se préoccupent davantage d’être aimé que d’aimer. On continue à se refuser à toute “analyse” du fonctionnement de nos amours, sous prétexte que ça “tue le mystère”. On sait mal en parler avec l’autre, sinon sur le mode de la demande ou, pire, de la récrimination. L’art d’aimer, comme plein accomplissement de nous-même au bénéfice de l’autre, reste à découvrir, en autodidacte, chacun à son tour. Le paradoxe n’est qu’apparent. Nous en savons bien plus sur nos fonctionnements psychologiques et sexuels que nos parents. Comment la candeur et la fraîcheur que suppose un pari amoureux n’y aurait-elle pas perdu quelques plumes ? Peut-être mais, en la matière, nous sommes particulièrement difficiles à décourager. Peut-être parce que deux amours ne se ressemblent jamais. Peut-être parce qu’à force d’essayer d’aimer, il arrive qu’on apprenne à aimer un peu mieux.
- Jean-Louis Servan-Schreiber

vendredi 18 février 2011

Je suis liquide

Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on me porte
Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on m'escorte
Non je ne suis pas forte
Mais jamais ne m'arrêterai

Non je ne suis pas grande
Mais je ne veux pas qu'on m'attende
Non je ne suis pas grande
Mais je voudrais bien qu'on m'entende
Non je ne suis pas grande
Mais jamais ne m'allongerai

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis passable
Je suis liquide

Non je ne suis pas belle
Mais je ne veux pas qu'on me le rappelle
Non je ne suis pas belle
Mais ça dépend à quelle échelle
Non je ne suis pas belle
Mais tout arrive on sait jamais

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis jetable

Je suis liquide de sueur et de confusion
Je suis liquide comme la lave en fusion
Je suis liquide et deviens flaque en un clin d'oeil
Je suis liquide comme la rosée sur les feuilles
Je suis liquide en écoutant couler mes veines
Je suis liquide en regardant couler la Seine
Je suis liquide quand je t'ouvre mon sillage
Je suis liquide et je t'accueille en mon village
Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Mais mieux que ça
Non...



lundi 14 février 2011

Les relations humaines et Internet, pas toujours bon ménage! | Selon Big !

Les relations humaines et Internet, pas toujours bon ménage! | Selon Big !:
Il y a maintenant déjà plusieurs années qu’Internet fait partie de notre vie quotidienne. Certains ne pourraient s’en passer, d’autres ne l’utilisent qu’occasionnellement, lorsque nécessaire. J’ai étudié il y a maintenant de cela presque 10 ans en informatique, étant donné que je n’avais aucune idée quoi faire de ma vie à l’époque. Après seulement 1 année d’études, je savais que le domaine n’était pas fait pour moi. Non pas parce que la matière ne m’intéressait pas, mais parce que je réalisais peu à peu la personnalité des gens qui m’entouraient, et je me posais certaines questions existentielles, comme, pourquoi suis-je le seul de mon groupe à accorder de l’importance à un cours de philosophie et de psychologie?
Peu à peu, mon cercle social se refermait. Je n’avais d’autres activités que des jeux en ligne, du chat ou encore de la programmation en arrière de mon vieil écran cathodique. Tranquillement mais sûrement, une personnalité se referme alors sur elle-même, et après un certain temps, selon les caractéristiques propres à chacune, il y a des gens qui vont adopter ce mode de vie, et d’autres qui vont avoir une crise existentielle. Pour moi, ce fut la deuxième option. Je ne pouvais plus vivre ainsi. J’avais un besoin criant de voir des gens. Pas de leur parler via un chat ou de jouer avec eux en ligne, mais bien de les voir en personne, de les côtoyer. Mais comment faire maintenant que je suis un handicapé social. Faire du social est relié à un talent, tout comme le golf, la danse ou n’importe quel autre sport… Être une personne joviale, aimante, sociale et confiante, ce n’est pas donné à tous, et surtout pas après des années le nez derrière un écran d’ordinateur, seul avec soi-même. Il faut alors reforger sa confiance et réapprendre à vivre. Il faut un sacré coup de pied au cul pour se réveiller et comprendre que notre vie ne s’arrête pas à un écran…
Aujourd’hui, j’étudie en gestion des ressources humaines. Je préfère de loin apprendre à comprendre un esprit humain qu’une machine. Je préfère de loin apprendre à bien socialiser et interagir avec les gens autour de moi, car ceux-ci me rendent bien plus heureux qu’un ordinateur ne pourra jamais le faire. C’est une courte parcelle de mon histoire, mais tout ça pour en venir aux relations, soit entre amis ou même entre partenaires de vie.
Avec l’arrivée de Facebook, Twitter, MySpace, et j’en passe, Internet est devenu le moyen le plus efficace et le plus rapide de communiquer. Oui, je reconnais très bien leur utilité. Nous pouvons entretenir une relation sociale avec plus de 600 personnes à la fois sur Facebook, même si selon le nombre de Dunbar, nous ne pouvons entretenir un véritable lien d’amitié avec plus de 150 personnes dans notre vie. (source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Dunbar)
Le problème est que trop de gens réduisent leur communications avec leurs amis, et même parfois avec leur conjoints, à de vulgaires textos ou commentaires sur Facebook. Oui, l’information peut se transmettre rapidement. Non, nous ne pouvons pas entretenir un lien d’amitié de cette façon. Je ne m’étendrai pas sur les possibilités qu’offre Internet au niveau social, mais je vais simplement dire que nous en avons abuser, et en grand. Quand je vois un ami inscrire sur Facebook qu’il vient d’avoir une mauvaise nouvelle, et que sa copine lui demande via Facebook en commentaire comment il va, je ne comprends tout simplement pas. L’idée de l’appeler, ou même d’aller le voir en personne ne lui a pas traversé l’esprit? Je ne comprends pas. Vous vivez ensemble et vous vous parlez via Internet, et en plus pour des sujets semblables? Ça m’échappe totalement.
Oui, j’utilise Facebook. Non, je n’y vais pas aux 2 heures pour voir ce que tous font de leur vie, car j’ai la mienne à vivre. Aussi, je ne ressens pas le besoin de partager mon quotidien avec 500 personnes à toutes les heures non plus, je le fais avec les gens qui me sont proches, et en personne. Je trouve réellement que les relations sont devenues beaucoup trop superficielles, et on le ressent également dans les relations amoureuses.
On voit naître sur le web de plus en plus de sites de rencontres. Je le sais, j’ai déjà été un client de ce genre de site. J’ai expérimenté la technique, et j’en ai compris également quelque chose. Certaines personnes, incluant moi, considèrent ces sites de rencontres comme une façon de briser la glace et de rencontrer des gens que nous n’aurions jamais eu la chance de rencontrer dans nos activités quotidiennes, ou de par notre position sur le globe. Cependant, et je parle par expérience, certaines personnes, en particulier la gente féminine, utilisent ces sites de rencontres également pour élargir leur réseau social virtuel. Ces personnes veulent plus de contacts sur MSN, ou sur Facebook, pour discuter de tout et de rien, de leur vie personnelle et de leurs petits problèmes au quotidien. Avouez que le tout fait horriblement pitié. Ces gens n’ont pas suffisamment d’amis proches pour avoir de réelles discussions enrichissantes avec eux, ou encore n’ont pas de réseau social du tout!
À quoi bon parler à quelqu’un sur MSN ou sur Facebook si vous n’avez jamais rencontré la personne, et que vous ne compter jamais le faire? À quoi ça rime toutes ces relations superficielles et virtuelles? Les personnalités sont de plus en plus renfermées. On manque de confiance envers les gens et aussi de talent pour s’exprimer correctement en face de quelqu’un. Je ne blâme pas seulement Internet. C’est aussi également très déplorable qu’aucun cours de psychologie ne soit enseigné au secondaire ou même au primaire. Mais je crois tout de même qu’Internet est responsable en très grande partie de ce problème, de plus en plus grandissant de nos jours.
Nous croyons bien souvent qu’Internet au contraire nous permet d’entretenir nos relations d’amitié, comme par exemple de pouvoir discuter avec un ami qui, disons le, n’est pas notre voisin immédiat, un soir de semaine. Cependant, posez-vous la question suivante. Si le téléphone et Internet n’existaient pas, auriez-vous pris la peine d’aller voir en personne votre ami, discuter avec lui et prendre de ses nouvelles? Si la réponse est oui, alors Internet n’est seulement qu’un moyen détourné de ne pas faire d’effort. Certes, j’utilise aussi ces technologies, un soir de semaine, la fatigue tombe, et nous voulons discuter un peu avant d’aller se coucher. Mais si ces activités reviennent plus souvent qu’une visite chez votre ami, reposez-vous sérieusement la question, et réévaluez votre lien d’amitié avec la personne en question…
Pensez-y un peu. Ça vaut la peine de se questionner sur notre vie sociale et sur nos aptitudes. Et si vous vous rendiez compte en effet que vous menez une double vie? Et si votre partenaire de vie ressemblerait étrangement à une boite d’aluminium avec quelques circuits électriques plutôt qu’une enveloppe de chaire et quelques veines?
Et si vous vous rendiez compte que finalement, votre meilleur ami était votre téléphone intelligent ou votre nouvel ordinateur portable……
Un petit truc. Calculez le nombre de temps passé sur votre ordinateur personnel et le nombre de temps passé avec vos amis, en personne. Faites le rapport et observez ce qui se passe. Ensuite, on s’en reparle.

samedi 12 février 2011

Il ne se passe pas de jours que nous ne menions à l’abattoir les plus purs de nos élans. C’est pourquoi nous éprouvons une telle souffrance au cœur quand, lisant telles phrases jaillies de la main d’un maître, nous les reconnaissons pour nôtres, nous y reconnaissons les tendres pousses dont nous avons étouffé la croissance par manque de foi dans notre propre force, dans nos propres critères de vérité et de beauté. Tout homme qui laisse la paix descendre en lui, qui s’abandonne face à lui-même au désespoir de l’honnêteté, trouve la force d’émettre de profondes vérités.
Nous coulons tous de même source. Aucun mystère ne dérobe l’origine des choses. Nous participons tous de la création, nous sommes tous rois, poètes, musiciens : il n’est que de nous ouvrir comme le lotus, pour découvrir ce qui était en nous.
- Henry Miller

Extraits trouvé sur un autre blog qui m'inspire beaucoup...Ellga's Wonderland
Beaux textes , belles photos, superbe!!!

ça aussi j'adore la citation: Aimer

lundi 7 février 2011

Mon ange


je veux que tu me retiennes
je voudrais juste m'arrêter là
guérir toute ta peine
et renaitre avec toi

alors cet espace autour de moi
ce vide cette lumière
c'était donc toi
je savais qu'un jour je finirai
à force d'y croire
par te retrouver
ma chance c'est que t'es là devant moi
et moi cette fois je veux rester
ne plus croire que si j'aime on va m'abandonner

je t'aime mon ange
que plus rien ne change


Merci Gilbert...je ne connaissais pas...

How can I help you, please let me try to
I can heal the pain that you're feeling inside

lundi 31 janvier 2011

Méditons un peu

Celui qui cherche Un frère sans défaut Reste sans frère.

Djalâl-ud-Dîn Rûmî

Celui qui déplace la montagne, c’est celui qui commence à enlever les petites pierres.
Confucius

Et, de défaite en défaite, il grandissait.
Rainer Maria Rilke, écrivain et poète autrichien



Il faut choisir : se reposer ou être libre.
Thucydide – homme politique et historien


Il faut toujours un coup de folie pour bâtir un destin.
Marguerite Yourcenar

Il n'y a pour l'homme que trois événements : naître, vivre et mourir. Il ne se sent pas naître, il souffre à mourir, et il oublie de vivre.
La Bruyère, Les caractères 

Il n’y a personne qui soit né sous une mauvaise étoile, il n’y a que des gens qui ne savent pas lire le ciel.
Dalaï-Lama - Bouddhiste tibétain


mercredi 19 janvier 2011

Le vitriol…

Le vitriol…
Extrait de "Véronika décide de mourir" dont j'ai écrit un extrait sur mon ancien blog et que j'ai eu envie et besoin de relire...
J'ai choisi cet extrait car ce poison coule parfois dans mes veines...

mercredi 5 janvier 2011

Brandt Rapsodie: l'amour et le temps...

Jeanne Cherhal ft. Benjamin Biolay - Brandt Rhapsodie
envoyé par val3rie-live. - Regardez la dernière sélection musicale.


Il faut qu'on se revoit. Tu sais depuis mardi j'ai beaucoup pensé à toi. Je suis joignable au 06 06 06 06 ou le soir chez moi.

J'ai passé une nuit délicieuse même si j'ai un peu la migraine. Tu es belle quand tu es odieuse. Je te dis à dans une semaine.


Je rêve de ton corps. Je rêve de ta bouche. Je te veux près de moi, je veux que tu me touches. Je rêve de ta peau et de tes mains. Je ne pense qu'à toi, je ne bosse plus, je fous rien.


Mon amour tu dormais si bien que j'ai pas osé te réveiller. Je travaille jusqu'à 7h20 si tu veux après on peut s'appeler. Je sais pas ce que tu fais ce soir, moi j'ai rien de prévu, si t'as du travail, je te dis à plus tard et j'embrasse ton cul.


Je suis toi je te veux je pense à nous. Tu es mon homme tu es mon idéal. Je te désire, tout le temps, partout. Tu es mon grand projet et je te suivrai n'importe où.


Parce que je t'aime, parce que tu me rends heureux. Parce que des fleurs dans une cuisine c'est joli. Je t'embrasse encore, encore, ouais là aussi.


Mon amour demain matin rejoins moi à l'aéroport, terminal 2 neuf heures et demie. Ne pose pas de questions prends juste ton passeport. Je t'aime, je t'aime bonne nuit.


Chérie y a des trucs à manger dans le frigo, je vais rentrer tard, sans doute après le dernier métro. Tu vas pouvoir enfin te faire une soirée tranquille. Je t' (et là y a un coeur dessiné au stylo bille).


Je suis enceinte.


Mon amour ta mère a téléphoné tout à l'heure. Je crois qu'elle n'a pas encore osé prévenir ta soeur. Ton père a refait une attaque cette nuit. Je t'aime, appelle moi, je pense à toi je pense à lui.


Hier soir j'ai oublié de te parler d'un truc important, est-ce que tu peux m'appeler ? Dès que tu te réveilles à n'importe quel moment (important mais pas grave). Je t'embrasse.


Mon amour ne m'attends pas ce soir, j'ai pas mal de boulot, je risque de rentrer tard. Je crois qu'il doit rester une demie pizza quelque part, mais vérifie la date sur la boîte.


N'oublie pas qu'on dîne chez ma soeur. Si tu peux t'occuper du vin tu serais un coeur parce que là je risque d'être ric rac. Je te redonne l'adresse et le code: 59 boulevard ménilmontant code AB 1981.


La voisine a laissé un mot sur le palier, le chat a gueulé tout la nuit dans l'escalier. S'il te plaît en sortant tu descendras la poubelle, et pense à rappeler ta mère qui me harcèle.


Le mec du câble passe entre 7h15 et 9h15, tâche de te réveiller (en plus gros d'une encre différente, un truc qui n'a aucun rapport style numéro de passeport).


A payer: EDF/Orange/Abonnement canal, plus le cadeau commun pour mon frère le w-e prochain. Je trouve plus le chéquier c'est toi qui l'as non ? Si oui mets le en évidence dans le salon.


La réunion est à 19h30 précises à l'école. F. a encore appeler il m'a parlé d'un chalet j'ai pas compris. Enfin tu dois mieux savoir que moi. A +.


Casser 3 oeufs ajouter 1/2 litre de lait. Incorporer 100g de farine progressivement. Ajouter d'un seul coup 50g de matière grasse (tu mets moitié beurre, moitié margarine) et tu mélanges.


Code réservation QWXXCJ, mot de passe: casablanca, départ orly 9h47, retour le 23 à 7h15, arrivée à Paris 11h03 charles de gaulle, terminal 3.


1 baguette

crevettes
3 avocats
sopalin
tampons normaux
produit vaisselle
lait 1/2 écrémé bio
6 oeufs bio
sacs poubelles 50L

(D'une écriture différente sur le papier à en-tête)

Effexor 75 LP une géllule 3fois/j
Alprazolam 0.50 MG 6prises/j maximum.
(Puis une signature informe suivie d'un caducée)

Je te rappelle que tu as un fils qui va à l'école tous les matins et qui aimerait bien prendre son petit déjeuner avec son père de temps en temps. Salut


La visite est à 16h, il y a encore plein de trucs à toi dans le bureau du fond, tu veux sans doute les récupérer ? Appelle moi. Mon nouveau numéro 06 62 73 49 63.

dimanche 2 janvier 2011

Ma valeur

Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 20 euros.
Il demande aux gens:

Qui aimerait avoir ce billet ?
Les mains commencent à se lever alors il dit :
Je vais donner ce billet de 20 euros à quelqu'un d'entre vous
mais avant laissez moi faire quelque chose avec.

Il chiffonne alors le billet avec force et il demande :
Est-ce que vous voulez toujours de ce billet ?
Les mains continuent à se lever.

Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela.
Il jette le billet froissé par terre et saute à pied joints dessus,
l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du plancher.
Ensuite il demande :
Qui veut encore avoir ce billet ?

Évidemment, les mains continuent de se lever !

Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon...
Peu importe ce que je fais avec ce billet,
vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé,
il vaut toujours 20 euros.

Plusieurs fois dans votre vie vous serez froissés,
rejetés, souillés par les gens ou par les événements.
Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité
votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment !

La valeur d'une personne ne tient pas à ce que l'on a fait ou pas,
vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs
car votre valeur intrinsèque est toujours intacte.


Aimer la main ouverte

Voici un texte que l'on m'avait présenté lors d'un stage d'instits et qui m'a beaucoup marqué; à méditer pour sa pratique professionnelle , mais aussi et surtout dans sa vie privée, pour l' éducation de ses enfants, dans ses relations avec les autres, enfin...à lire et à méditer...


Aimer la main ouverte

 «Une personne compatissante, voyant un papillon lutter pour se libérer de
son cocon, et voulant l'aider, écarta avec beaucoup de douceur les filaments pour dégager une ouverture. Le papillon libéré, sortit du cocon et battit des ailes mais ne put s'envoler. Ce qu'ignorait cette personne compatissante, c'est que c'est seulement au travers du combat pour la naissance que les ailes peuvent devenir suffisamment fortes pour l'envol. Sa Vie raccourcie, il la passa à terre. Jamais il ne connut la liberté, jamais il ne vécut réellement.»
Apprendre à aimer la main ouverte est une toute autre démarche.
C'est un apprentissage qui a cheminé progressivement en moi, façonné dans les feux de la souffrance et les eaux de la patience. J'apprends que je dois laisser libre quelqu'un que j'aime, parce que si je m'agrippe, si je m'attache, si j'essaie de contrôler, je perds ce que je tente de garder.
Si j'essaie de changer quelqu'un que j'aime, parce que je sens que je sais
comment cette personne devrait être, je lui vole un droit précieux, le droit d'être responsable de sa propre vie, de ses propres choix, de sa propre façon de vivre.
Chaque fois que j'impose mon désir ou ma volonté, ou que j'essaie d'exercer un pouvoir sur une autre personne, je la dépossède de la pleine réalisation de sa croissance et de sa maturation. Je la brime et la contrecarre par mon acte de possession, même si mes intentions sont les meilleures.
Je peux brimer et blesser en agissant avec la plus grande bonté, pour
protéger quelqu'un. Et une protection et une sollicitude excessives peuvent signifier à une autre personne plus éloquemment que des mots : Tu es incapable de t'occuper de toi-même, je dois m'occuper de toi parce que tu m'appartiens. Je suis responsable de toi.
Au fur et à mesure de mon apprentissage et de ma pratique, je peux dire à
quelqu'un que j'aime : «Je t'aime, je t'estime, je te respecte et j'ai confiance en toi. Tu as en toi (ou tu peux développer) la force de devenir tout ce qu'il t'est possible de devenir, à condition que je ne me mette pas en travers de ton chemin. Je t'aime, tant que je peux te laisser la liberté de marcher à côté de moi, dans la joie et dans la tristesse. Je partagerai tes larmes, mais je ne te demanderai pas de ne pas pleurer. Je répondrai si tu as besoin de moi, je prendrai soin de toi, je te réconforterai, mais je ne te soutiendrai pas quand tu pourras marcher tout seul.
Je serai prête à être à tes côtés dans la peine et la solitude, mais je ne les éloignerai pas de toi. Je m'efforcerai d'écouter ce que tu veux dire, avec tes paroles à toi, mais je ne serai pas toujours d'accord avec toi.
Parfois, je serais en colère, et quand je le serai, j'essaierai de te le dire
franchement, de façon à ne pas avoir besoin d'être irritée de nos différences, ni de me brouiller avec toi. Je ne peux pas toujours être avec toi ou écouter ce que tu dis, parce qu'il y a des moments où je dois m'écouter moi-même, prendre soin de moi. Quand cela arrivera, je serai aussi sincère avec toi que je pourrai l'être.»
J'apprends à dire cela à ceux que j'aime et qui sont importants pour moi, que ce soit avec des mots ou par ma façon d'être avec les autres et avec moi-même.
Voilà ce que j'appelle aimer la main ouverte.
Je ne peux pas toujours m'empêcher de mettre mes mains dans le cocon...
mais j'y arrive mieux, beaucoup mieux depuis que je me respecte aussi.
Ruth SANFORD
Oeuvre de Le Corbusier, La Main Ouverte (1950)
La main ouverte est l’expression symbolique du message que Le Corbusier a voulu exprimer dans l’ensemble de ses travaux (…). La philosophie de l’immense architecte, du magnifique peintre, du poète qu’il fut - avant tout et… avec tout ! -, trouve ici un signe éminemment fraternel qui passe le temps et parle à tous (…). L’unicité de Le Corbusier est basée sur l’universalité de son travail et de sa pensée. Il parle à l’homme, il parle de paix, il s’adresse à la conscience. (…) « Nous devons être en demande d’œuvres de paix, » dit Le Corbusier. « Les outils dans la main. Les caresses de la main. La vie que l’on goûte par le pétrissement des mains. La vue qui est dans la palpation. Pleine main j’ai reçu, pleine main je donne ».

lundi 20 décembre 2010

Se libérer de son passé

Se libérer de son passé - Dossier - Psychologies.com:
Interessant , à lire...
Un extrait:

"Et si Nietzsche, déjà, nous disait « Souviens-toi d’oublier », c’est parce qu’il savait combien le passé pouvait être « un fossoyeur du présent ». Collé au passé, il devient impossible de goûter ce qui se donne à vivre. Et la douce nostalgie de virer à la mélancolie, voire à la dépression. Comment faire ? Jeter les vieux albums photos ? Fuir cette famille ou ce lieu chargé de souvenirs douloureux ? « On ne peut pas se libérer de son passé si l’on cherche à s’en débarrasser, répond Jacques André. Ou l’on se rendra vite compte que nous sommes toujours pris dans les mêmes histoires, les mêmes conflits, malgré tout. »
L’apaisement passe, au contraire, par la confrontation : « Regarder en face la souffrance que ces manques ou expériences qui nous hantent ont générée, conseille Nicole Prieur. Une étape difficile puisqu’elle réactive la douleur initiale, mais qui permet d’exprimer ses ressentiments : “Oui, j’en veux à ma mère de m’avoir si mal aimé, oui, je déteste tel aïeul de m’avoir chargé de réparer sa mémoire…” Il est indispensable de s’autoriser à être déloyal. » Des règlements de comptes qui, précise-t-elle, ne doivent pas se faire ouvertement, mais en nous. Alors, et suivant un processus que la thérapeute qualifie de « quasi magique », « nous devenons capable de voir non plus ce que nous n’avons pas reçu ou ce qui nous a fait souffrir, mais ce que nous avons reçu et ce qui nous a fait grandir ». Le passé n’apparaît plus comme un poids, mais comme une ressource. Et, cessant d’être la victime d’un temps qui n’existe plus, nous pouvons redevenir l’acteur du seul qui nous appartienne vraiment : le présent."

Et pour finir une citation de Nietzche dans "Eternal Sunshine of the Spotless mind":
"Heureux les oublieux, car ils viendront même à bout de leur bêtise"
"Par delà Bien et Mal"