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mardi 22 novembre 2011

Here,there and everywhere


Beatles "Here There And Everywhere" par yannos80
To lead a better life I need my love to be here...

Here, making each day of the year
Changing my life with a wave of her hand
Nobody can deny that there's something there

There, running my hands through her hair
Both of us thinking how good it can be
Someone is speaking but she doesn't know he's there

I want her everywhere and if she's beside me
I know I need never care
But to love her is to need her everywhere
Knowing that love is to share

Each one believing that love never dies
Watching her eyes and hoping I'm always there

I want her everywhere and if she's beside me
I know I need never care
But to love her is to need her everywhere
Knowing that love is to share

Each one believing that love never dies
Watching her eyes and hoping I'm always there

To be there and everywhere
Here, there and everywhere

samedi 19 mars 2011

Angell

Spectacle grandiose que j'ai eu la chance de voir hier soir.


Angell s' articule autour du thème de l' ange prisonnier dans un monde parallèle entre ciel et enfer. De formidables performances artistiques et acrobatiques soutenues par une création musicale originale, des costumes fantastiques qui plongent le spectateur dans une histoire onirique et poétique proche de la magie et loin, très loin du quotidien.

mercredi 9 mars 2011

Requiem pour un con

J'adore cette chanson; elle date de 19691968( j'ai vérifié) je crois..avant gardiste dans le rythme , non?
Elle est  interprétée dans le film Le Pacha (1968), de Georges Lautner, dans lequel Serge Gainsbourg joue son propre rôle dans un studio d'enregistrement.
GAINSBOURG 20 ANS "Requiem pour un Con" / 2011 / AT-WORK from AT WORK Productions / Paris on Vimeo.
Version de Brian Molko ( Placebo); Géniale!


On a réuni tant d'affaires pour se faire exister
Pour se donner l'air d'en prendre pour perpétuité
En encombrant l'atmosphère en vivant en apnée
Tapis dans notre tanière on pensait voir les hivers passer
Mais la soirée d'hier a tout mis sur le plancher
Un bon coup de tonnerre nous voilà bien avancés
La vaisselle est par terre la serpillière est à passer
En crue est la rivière en pleurs est la mariée
Et aujourd'hui il y a tant de choses à rassembler
On déménage et ça ne fait que commencer
On ne sait plus trop quoi faire de toute cette liberté
Gardes-tu le frigidaire si je prends le sommier
En ce qui concerne la gazinière je peux désormais m'en passer
On se sent comme des serpillières qu'il faudrait essorer
Pour éponger les histoires d'hier celles qui nous ont trempés
On a accumulé un enfer dont il faut se séparer
C'est aujourd'hui que l'on se délaisse
C'est aujourd'hui que l'on se chasse
Pour une nouvelle adresse
Pour une nouvelle impasse
Pour ailleurs aller poser nos fesses
Pour ailleurs aller reprendre une place
Il faudra bien que ça cesse
Ou il faudra bien que l'on s'y fasse
 
 
Découvrez la playlist Le déménagement avec Miossec

mercredi 23 février 2011

Terminal Beauty

Terminal Beauty est l'un des titres du nouvel album( 2007) des Rita Mitsouko, intitulé Variéty
En duo avec Serj Tankian, qui n'est autre que le chanteur du groupe System Of A Down, Catherine parle dans cette chanson de l'anorexie,
Un problème très grave et très frequent chez les stars.

Elle y exprime son dégout :
Elles sont si maigres
Qu'elles me font peur
Elles ont l'air aigre
Et pleine de douleur


Avant de sortir cette chanson en anglais, le groupe avait d'abord commencé à l'interpréter en français...

Elles sont jetées dans le décor, naturelles ou sophistiquées
Elles y cultivent un air de mort
Grandes poupées cassées peut-être même baisées
Et on aime ça

Elles sont si maigres
Qu'elles me font peur
Elles ont l'air aigre
Et pleines de douleur
Oh c'est horrible à voir
Elles sont si maigres
Qu'elles me font peur
Elles ont l'air aigre
Et pleines de douleur
Oh c'est horrible à voir

J'ai fermé le magazine
Je l'ai rendu à la dame
Je me suis sentie nauséeuse
Je ne veux plus les voir
C'est horrible et
C'est une insulte à leur beauté

Toutes ces beautés en ruine

Elles sont si maigres
Qu'elles me font peur
Elles ont l'air aigre
Et pleines de douleur
Oh c'est horrible à voir

Toutes ces beautés en ruine


They settled in natural or sophisticated sceneries
Where they cultivate an air of death
Big broken baby dolls maybe fucked
And we love them

They are so meagre
They're scaring me
They look so sour
And full of pain
Oh it's horrible to see

Bodies of the sick held prisoners
Sunken shoulders and giant pubis
The flesh has disappeared
The bones are almost bare
And yet we love them

They are so meagre
They're scaring me
They look so sour
And full of pain
Oh it's horrible to see

I've closed the magazine
Returned it to the lady
I was feeling nauseous, I don't wanna watch them anymore
It's horrible and depressing
It's an insult to their beauty

All those beauties in ruins

They are so meagre
They're scaring me
They look so sour
And full of pain
Oh it's horrible to see

All those beauties in ruins




vendredi 18 février 2011

Lotus Flower



I will sneak myself into your pocket
Invisible, do what you want, do what you want
I will sink and I will disappear
I will slip into the groove and cut me up and cut me up

There's an empty space inside my heart
Where the wings take root
So now I'll set you free
I'll set you free
There's an empty space inside my heart
And it won't take root
Tonight I'll set you free
I'll set you free

Slowly we unfurl
As lotus flowers
And all I want is the moon upon a stick
Dancing around the pit
Just to see what it is
I can't kick the habit
Just to feed your fast ballooning head
Listen to your heart

We will sink and be quiet as mice
While the cat is away and do what we want
Do what we want

There's an empty space inside my heart
And now it won't take root
And now I set you free
I set you free

Because all I want is the moon upon a stick
Just to see what it is
Just to see what gives
Take the lotus flowers into my room
Slowly we unfurl
As lotus flowers
All I want is the moon upon a stick
Dance around a pit
The darkness is beneath
I can't kick the habit
Just to feed my fast ballooning head
Listen to your heart

Je suis liquide

Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on me porte
Non je ne suis pas forte
Mais je ne veux pas qu'on m'escorte
Non je ne suis pas forte
Mais jamais ne m'arrêterai

Non je ne suis pas grande
Mais je ne veux pas qu'on m'attende
Non je ne suis pas grande
Mais je voudrais bien qu'on m'entende
Non je ne suis pas grande
Mais jamais ne m'allongerai

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis passable
Je suis liquide

Non je ne suis pas belle
Mais je ne veux pas qu'on me le rappelle
Non je ne suis pas belle
Mais ça dépend à quelle échelle
Non je ne suis pas belle
Mais tout arrive on sait jamais

Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Je suis cassable, je suis jetable

Je suis liquide de sueur et de confusion
Je suis liquide comme la lave en fusion
Je suis liquide et deviens flaque en un clin d'oeil
Je suis liquide comme la rosée sur les feuilles
Je suis liquide en écoutant couler mes veines
Je suis liquide en regardant couler la Seine
Je suis liquide quand je t'ouvre mon sillage
Je suis liquide et je t'accueille en mon village
Non je ne suis pas solide
Ca c'est la nature qui décide
Non je ne suis pas solide
Mais mieux que ça
Non...



mardi 1 février 2011

Je suis un être humain; Carlos Chapman


La fille damnée

Dis moi combien
Combien de deniers
forgeron
Pour ferrer mon
coursier
C'est cinq sols
pour vous mon prince
seulement
cinq sols et un dernier

J'entends chanter
la fille damnée...
A la lune montante
j'entends l'oiseau
chanter
ma jolie, ma si jolie
file dans la nuit

Au premier fer
que tu poseras
mon bon père
il va t'appeler
au premier clou
que tu mettras
il va t'appeler mon père

Qui est ce diable
Qui m'appele père dis moi qui il est sur le
champ
C'est la fille
ta chère fille Jeanne
ta fille morte et enterrée

Dis moi, ma fille
qui t'a damnée
là-bas sur la lande
et les blés
C'est cet homme
le long de la mer
Chaque jour
Il venait me trouver

Prenez mon corps
ma bague et ma robe
sous la lune
il faut les brûler
A la brune
vous jetterez mes cendres
au vent, au vent
vous les jetterez

Cécile Corbel 

mardi 25 janvier 2011

Down on my knees

J' adore! Emouvant!

Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Please, please don't leave me (bis si version non acoustic)

Do you really think, she can love you more than me, Do you, really, really, think so
Do you really think, she can give you more than me, baby, I know, she won't
Cause I loved you, unconditionally, I gave you even more than ,I had to give
I was willing for you to die, cause you were more precious to me, than my own life

Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Please, please don't leave me (bis si version non acoustic)

I won't believe, that you really, really, wanna leave me, just because of her
Have you forgot about, all the things, we've been through, she was not the one, who was there for you

See, I loved you unconditionally, I gave you even more than ,I had to give
I was willing for you to die, cause you were more precious to me, than my own life (bis si…)

Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Please, please don't leave me (bis si …)

Don't leave me, I'm begging, I love you, I need you, I'm dying, I'm crying, I'm begging,
Please love me / (don't leave me)
I love you, I love you, I'm begging, please love me, I'm dying, I'm crying (I'm begging, I'm begging)
Please dont'leave me, no,no, no, no, no,

Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, I'm begging you, Down on my knees, Down on my knees, I'm begging you , you, you
Down on my knees, Down on my knees …

Pour Gilbert

"Ce qui compte c'est que ce que tu mets sur ton blog te ressemble et surtout exprime ce que tu as envie d'exprimer sur le moment. Là en écrivant ce tit mot j'aperçois tes libellés sur le côté droit et j'aime beaucoup les mots que tu as choisis, aussi bien ceux qui reviennent souvent et sont devenus gros que ceux qui sont tout minces et sont comme des promesses. En vérité tes mots sont une grande force, mais pas une force qui agresse, celle dont parlent les Rita Mitsouko dans "Godfather of soul" en disant : "La beauté est une arme vraiment très pleine de charme, car la beauté a la force sans faire mal sans qu'elle vous force. bisous. Gilbr"

Merci Gilbr pour ce commentaire très touchant...
       
RITA MITSOUKO : Godfather of soul - MYTARATATA.COM
TARATATA N°64 (Tour. 04/10/94 - Dif. 18/11/94)
  

  Godfather Of Soul :
La beauté est une arme
Vraiment très pleine de charme
Car la beauté a la force
Sans faire mal
Et sans qu'elle vous force.

C'est l'arme de braise

De ce coeur fier
Qui chauffe, lève,
Et pousse à bien vivre

Godfather of soul?

Name : James Brown!

Godfather

Living on earth!
Your kingdom comes
All around there
And I wish
Your sultrain walks
La beauté est une arme
Soultrain is walking on
Aurait-elle trop de charme?
Walkin on here and there
Ride on Ride on

Pauvre Issoumbochi!

Comme elle a du souci!
La beauté, la ferveur
De ce charmeur l'enivre.
Oui! Oui! C'est çà, vivre!
Et toute son âme
Elle écoute les mots
Avec flamme
Elle entre dans la danse
Elle a tout qui décolle
Hé! C'est qu'elle n'est pas folle :
Elle se concocte une transe
Elle sait tout à fait quoi faire
Quand la musique opère.

Your name is sanctifies

And you are samplefied!

Godfather

Live at the earth!

We bless you

For all you play
On the planet
Live in real
Sampled or direct
On disket, cassettes
Audio, vidéo
TV and Radio
CDV and DCC
Vinyl and CD
Or CDI
And any format for sure
Coming in the future
Minidisk
hard disk
And mega MegaDrive

You are a multiform long play

You are a multiform long play

Walking on

Here and there
Ride on ride on
Here and there

Godfather of soul?

Name : James Brown!

Your kingdom comes

All around there.
Your kingdom comes!

lundi 24 janvier 2011

Une île


de  Jacques Brel

Une île
Une île au large de l'espoir
Où les hommes n'auraient pas peur
Et douce et calme comme ton miroir
Une île
Claire comme un matin de Pâques
Offrant l'océane langueur
D'une sirène à chaque vague
Oh, viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous disent d'être sages
Ou que vingt ans est le bel âge
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Une île
Une île au large de l'amour
Posée sur l'autel de la mer
Satin couché sur le velours
Une île
Chaude comme la tendresse
Espérante comme un désert
Qu'un nuage de pluie caresse
Oh, viens
Viens mon amour
Là-bas ne seraient point ces fous
Qui nous cachent les longues plages
Viens mon amour
Fuyons l'orage
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer

Une île
Et qu'il nous reste à bâtir
Mais qui donc pourrait retenir
Les rêves que l'on rêve à deux
Une île
Voici qu'une île est en partance
Et qui sommeillait en nos yeux
Depuis les portes de l'enfance
Oh, viens
Viens mon amour
Car c'est là-bas que tout commence
Je crois à la dernière chance
Et tu es celle que je veux
Voici venu le temps de vivre
Voici venu le temps d'aimer
Une île



jeudi 20 janvier 2011

Plume d'ange

Une histoire en musique que j’ai adorée…Nougaro a une façon unique de la raconter…
La première fois que je l’ai entendue, j’en ai eu des frissons .C’est assez long , mais prenez le temps de lire et d' écouter, vous ne le regretterez pas…

PLUME D’ANGE
Vous voyez cette plume?
Eh bien, c’est une plume… d’ange
Mais rassurez-vous, je ne vous demande pas de me croire, je ne vous le demande plus.
Pourtant, écoutez encore une fois, une dernière fois, mon histoire.
Une nuit, je faisais un rêve désopilant quand je fus réveillé par un frisson de l’air.
J’ouvre les yeux, que vois-je?
Dans l’obscurité de la chambre, des myriades d’étincelles…
Elles s’en allaient rejoindre, par tourbillonnements magnétiques, un point situé devant mon lit.
Rapidement, de l’accumulation de ces flocons aimantés, phosphorescents, un corps se constituait.
Quand les derniers flocons eurent terminé leur course, un ange était là, devant moi, un ange réglementaire avec les
grandes ailes de lait.
Comme une flèche d’un carquois, de son épaule il tire une plume, il me la tend et il me dit:
"C’est une plume d’ange. Je te la donne. Montre-la autour de toi.
Qu’un seul humain te croit et ce monde malheureux s’ouvrira au monde de la joie.
Qu’un seul humain te croit avec ta plume d’ange.
Adieu et souviens-toi: la foi est plus belle que Dieu."

Et l’ange disparut laissant la plume entre mes doigts.
Dans le noir, je restai longtemps, illuminé, grelottant d’extase, lissant la plume, la respirant.
En ce temps-là, je vivais pour les seins somptueux d’une passion néfaste.
J’allume, je la réveille:

"Mon amour, mon amour, regarde cette plume… C’est une plume d’ange!
Oui! un ange était là… Il vient de me la donner…
Oh ma chérie, tu me sais incapable de mensonge, de plaisanterie scabreuse…
Mon amour, mon amour, il faut que tu me croies, et tu vas voir… le monde!"
La belle, le visage obscurci de cheveux, d’araignées de sommeil, me répondit:
"Fous-moi la paix… Je voudrais dormir… Et cesse de fumer ton satané Népal!"
Elle me tourne le dos et merde!

Au petit matin, parmi les nègres des poubelles et les premiers pigeons, je filai chez mon ami le plus sûr.
Je montrai ma plume à l’Afrique, aux poubelles, et bien sûr, aux pigeons qui me firent des roues, des roucoulements de considération admirative.
Je sonne.
Voici mon ami André.
Posément, avec précision, je vidais mon sac biblique, mon oreiller céleste:
"Tu m’entends bien, André, qu’on me prenne au sérieux et l’humanité tout entière s’arrache de son orbite de malédiction guerroyante et funeste.
A dégager! Finies la souffrance, la sottise. La joie, la lumière débarquent!"
André se massait pensivement la tempe, il me fit un sourire ému, m’entraîna dans la cuisine et devant un café, m’expliqua que moi, sensible, moi, enclin au mysticisme sauvage, moi devais reconsidérer cette apparition.
Le repos… L’air de la campagne… Avec les oiseaux précisément, les vrais!

Je me retrouve dans la rue grondante, tenaillant la plume dans ma poche.
Que dire? Que faire?
"Monsieur l’agent, regardez, c’est une plume d’ange."
Il me croit!
Aussitôt les tonitruants troupeaux de bagnoles déjà hargneuses s’aplatissent.
Des hommes radieux en sortent, auréolés de leurs volants et s’embrassent en sanglotant.
Soyons sérieux!
Je marchais, je marchais, dévorant les visages. Celui-ci? La petite dame?
Et soudain l’idée m’envahit, évidente, éclatante… Abandonnons les hommes!
Adressons-nous aux enfants! Eux seuls savent que la foi est plus belle que Dieu.
Les enfants… Oui, mais lequel?
Je marchais toujours, je marchais encore.
Je ne regardais plus la gueule des passants hagards, mais, en moi, des guirlandes de visages d’enfants, mes chéris, mes féeriques, mes crédules me souriaient.
Je marchais, je volais… Le vent de mes pas feuilletait Paris…
Pages de pierres, de bitume, de pavés maintenant.
Ceux de la rue Saint-Vincent… Les escaliers de Montmartre.
Je monte, je descends et me fige devant une école, rue du Mont-Cenis.
Quelques femmes attendaient la sortie des gosses.
Faussement paternel, j’attends, moi aussi.
Les voilà.
Ils débouchent de la maternelle par fraîches bouffées, par bouillonnements bariolés.
Mon regard papillonne de frimousses en minois, quêtant une révélation.
Sur le seuil de l’école, une petite fille s’est arrêtée.
Dans la vive lumière d’avril, elle cligne ses petits yeux de jais, un peu bridés, un peu chinois et se les frotte vigoureusement.
Puis elle prend son cartable orange, tout rebondi de mathématiques modernes.
Alors j’ai suivi la boule brune et bouclée, gravissant derrière elle les escaliers de la Butte.
A quelque cent mètres elle pénétra dans un immeuble.
Longtemps, je suis resté là, me caressant les dents avec le bec de ma plume.

Le lendemain je revins à la sortie de l’école et le surlendemain et les jours qui suivirent.
Elle s’appelait Fanny. Mais je ne me décidais pas à l’aborder.
Et si je lui faisais peur avec ma bouche sèche, ma sueur sacrée, ma pâleur mortelle, vitale?
Alors, qu’est-ce que je fais? Je me tue? Je l’avale, ma plume?
Je la plante dans le cul somptueux de ma passion néfaste?
Et puis un jeudi, je me suis dit: je lui dis.
Les poumons du printemps exhalaient leur première haleine de peste paradisiaque.
J’ai précipité mon pas, j’ai tendu ma main vers la tête frisée…
Au moment où j’allais l’atteindre, sur ma propre épaule, une pesante main s’est abattue.
Je me retourne, ils étaient deux, ils empestaient le barreau: "Suivez-nous."

Le commissariat.
Vous connaissez les commissariats?
Les flics qui tapent le carton dans de la gauloise, du sandwich…
Une couche de tabac, une couche de passage à tabac.
Le commissaire était bon enfant, il ne roulait pas les mécaniques, il roulait les r:
"Asseyez-vous. Il me semble déjà vous avoir vu quelque part, vous.
Alors comme ça, on suit les petites filles?
- Quitte à passer pour un détraqué, je vais vous expliquer, monsieur, la véritable raison qui m’a fait m’approcher de cette enfant.
Je sors ma plume et j’y vais de mon couplet nocturne et miraculeux.
- Fanny, j’en suis certain, m’aurait cru. Les assassins, les polices, notre séculaire tennis de coups durs, tout ça, c’était fini, envolé!
- Voyons l’objet, me dit le commissaire.
D’entre mes doigts tremblants il saisit la plume sainte et la fait techniquement rouler devant un sourcil bonhomme.
- C’est de l’oie, ça…, me dit-il, je m’y connais, je suis du Périgord.
- Monsieur, ce n’est pas de l’oie, c’est de l’ange, vous dis-je!
- Calmez-vous! Calmez-vous! Mais vous avouerez tout de même qu’une telle affirmation exige d’être appuyée par un minimum d’en quête, à défaut de preuve.
Vous allez patienter un instant. On va s’occuper de vous. Gentiment hein? gentiment."

On s’est occupé de moi, gentiment.
Entre deux électrochocs, je me balade dans le parc de la clinique psychiatrique où l’on m’héberge depuis un mois.
Parmi les divers siphonnés qui s’ébattent ou s’abattent sur les aimables gazons, il est un être qui me fascine.
C’est un vieil homme, très beau, il se tient toujours immobile dans une allée du parc devant un cèdre du Liban.
Parfois, il étend lentement les bras et semble psalmodier un texte secret, sacré.
J’ai fini par m’approcher de lui, par lui adresser la parole.
Aujourd’hui, nous sommes amis. C’est un type surprenant, un savant, un poète.
Vous dire qu’il sait tout, a tout appris, senti, perçu, percé, c’est peu dire.
De sa barbe massive, un peu verte, aux poils épais et tordus le verbe sort, calme et fruité, abreuvant un récit où toutes les mystiques, les métaphysiques, les philosophies s’unissent, se rassemblent pour se ressembler dans le puits étoilé de sa mémoire.

Dans ce puits de jouvence intellectuelle, sot, je descends, seau débordant de l’eau fraîche et limpide de l’intelligence alliée à l’amour, je remonte.
Parfois il me contemple en souriant. Des plis de sa robe de bure, ils sort des noix, de grosses noix qu’il brise d’un seul coup dans sa paume, crac! pour me les offrir.

Un jour où il me parle d’ornithologie comparée entre Olivier Messiaen et Charlie Parker, je ne l’écoute plus.
Un grand silence se fait en moi.
Mais cet homme dont l’ange t’a parlé, cet homme introuvable qui peut croire à ta plume, eh bien, oui, c’est lui, il est là, devant toi!
Sans hésiter, je sors la plume.
Les yeux mordorés lancent une étincelle.
Il examine la plume avec une acuité qui me fait frémir de la tête aux pieds.
"Quel magnifique spécimen de plume d’ange, vous avez là, mon ami.
- Alors vous me croyez? vous le savez!
- Bien sûr, je vous crois. Le tuyau légèrement cannelé, la nacrure des barbes, on ne peut s’y méprendre.
Je puis même ajouter qu’il s’agit d’une penne d’Angélus Maliciosus.
- Mais alors! Puisqu’il est dit qu’un homme me croyant, le monde est sauvé…
- Je vous arrête, ami. Je ne suis pas un homme.
- Vous n’êtes pas un homme?
- Nullement, je suis un noyer.
- Vous êtes noyé?
- Non. Je suis un noyer. L’arbre. Je suis un arbre."

Il y eut un frisson de l’air.
Se détachant de la cime du grand cèdre, un oiseau est venu se poser sur l’épaule du vieillard et je crus reconnaître, miniaturisé, l’ange malicieux qui m’avait visité.
Tous les trois, l’oiseau, le vieil homme et moi, nous avons ri, nous avons ri longtemps, longtemps…
Le fou rire, quoi!


Découvrez la playlist Plume d' ange avec Claude Nougaro

Fatigué d' être fatiqué

Je suis fatiguée
J'en ai assez d'être crevée
Je suis dégoutée
J'arrive à peine à me lever
Je suis fatiguée
Je suis exténuée
J'ai plus envie de rien
Sauf peut-être demain

Ouvre ma porte

Je t'ai donné la clef
Pousse ma porte
Tourne la poignée
Que le vent te porte
Sur mon palier
Ouvre ma porte
Mon cœur va s'envoler

C'est ma vie, je suis ici

Allongée même si je suis levée
C'est ma vie, je suis ici
Je vais me remettre à bouger
C'est ma vie, je suis ici
Voyager c'est peut-être une idée
C'est ici, c'est ma vie
Je vais me remettre à bouger

Je suis terrassée

J'arrive à peine à lever le pied
Les bras baissés
Je sens le temps se plomber
Je suis fatiguée
J'en ai assez d'être crevée
Ça va passer
Quand va falloir y aller

Ouvre ma porte

Je t'ai donné la clef
Pousse ma porte
Tourne la poignée
Que le vent te porte
Sur mon palier
Ouvre ma porte
Mon cœur va s'envoler

C'est ma vie, je suis ici

Allongée même si je suis levée
C'est ma vie, je suis ici
Je vais me remettre à bouger
C'est ma vie, je suis ici
Voyager c'est peut-être une idée
C'est ici, c'est ma vie
Je vais me remettre à bouger
Les Rita Mitsouko

Découvrez la playlist Fatigué d'être fatigué avec Les Rita Mitsouko

dimanche 16 janvier 2011

Mental

 
S'il y'a bien une idée qui rassemble, une pensée qu'est pas toute neuve.
C'est que quel que soit ton parcours, tu rencontres de belles épreuves
La vie c'est Mister Hyde, pas seulement Docteur Jekyll.
J'ai vu le film depuis longtemps, la vie n'est pas un long fleuve tranquille
T'as qu'à voir les réactions d'un nouveau-né à l'hôpital.
S'il chiale si fort c'est qu'il comprend que souvent la vie va lui faire mal
Y'a des rires, y'a des pleurs, y'a des bas, y'a des hauts.
Y'a des soleils et des orages et je te parle pas que de météo
On vit dans un labyrinthe et y'a des pièges à chaque virage.
A nous de les esquiver et de pas calculer les mirages
Mais le destin est un farceur, on peut tomber à chaque instant.
Pour l'affronter, faut du coeur et un mental de résistant
J'ai des cicatrices plein la peau et quelques unes dans mes souvenirs.
Y'a des rescapés partout, j'suis qu'un exemple, ça va sans dire
Ca doit se sentir, faut pas se mentir, la vie c'est aussi la guérison.
Après la foudre, prends toi en main et redessine ton horizon
Y'a des tempêtes sans visage où on doit se battre contre le pire.
Personne n'y échappe, Rouda c'est pas toi qui vas me contredire
C'est l'ultime épreuve où tu affrontes la pire souffrance morale.
Quand la peine rejoint l'impuissance pour la plus triste des chorales
J'ai vu des drames à coeur ouvert, j'ai vu des gens qui s'accrochent.
Ce qui est bien avec le drame, c'est que tu le partages avec tes proches
Pour les miens il est peut-être l'heure de m'arrêter un court instant.
Pour les remercier d'avoir du coeur et un mental de résistant
La vie est aussi perverse, ce que tu désires elle l'a caché.
Elle te le donnera pas tout cuit, il va falloir aller le chercher
Du coup ce qu'on a, on le mérite, au hasard on a rien piqué.
Et si t'as pas compris, va voir mes potes il vont t'expliquer
Jacky, tu m'as dit que l'ascenceur social était bloqué.
Toi t'es allé chez Otis et le réparateur tu l'as braqué
Sans craqué, sans rémission, t'as affronté de vraies missions.
Tu m'as montré qu'avoir du mental, c'est aussi avoir de l'ambition
Y'a pas de chemin facile, Brahim t'as rien demandé à personne.
T'as tout construit de tes mains et y'a que moi que tu impressionnes
Toi Sami t'es notre moteur parce que tu sais depuis longtemps.
Que pour que ça chémar il faut du coeur et un mental de résistant
Je crois qu'on a tous une bonne étoile sauf que des fois elle est bien planquée.
Certaines même plus que d'autres, il faut aller les débusquer
Parfois ça prend du temps quand tu fais trois fois le tour du ciel.
Mais si tu cherches c'est que tu avances, à mon avis c'est l'essentiel
Je fais partie de ceux qui pensent qu'y'a pas de barrières infranchissables.
Il faut y croire un peu, y'a bien des fleurs qui poussent dans le sable
Et c'est quand tu te bats qu'il y'a de belles victoires que tu peux arracher.
Comme se relever avec une moelle épinière en papier mâché
Je n'apprends rien à personne, tu es vivant tu sais ce que c'est.
Vivre c'est accepter la douleur, les échecs et les décès
Mais c'est aussi plein de bonheur, on va le trouver en insistant.
Et pour ça, faut du coeur et un mental de résistant

jeudi 13 janvier 2011

ça

 








On oublie les adresses
Comme les gens qui nous blessent
On oublie sans cesse
Les jours d'anniversaires et nos clefs,les repères, on les perd
On oubliera les chaînes de nos vies qui se trainent
On oublie quand même
Mais il est une chose à laquelle nous resterons fidèles

Les yeux,la voix,les mains,les mots d'amour ça reste là

Le jour et l'heure,la peau,l'odeur,l'amour ça reste là
C'est fort encore
C'est mort d'accord
Mais ça ne s'oublie pas
Ne s'oublie pas, ça
On oublie pas

J'oublierai ce mois d'août où j'ai dû faire la route sans toi

Sans doute
J'oublierai ma défaite et le rêve qui s'arrète
J'oublierai peut être
Mais j'y pense encore quelques fois et ça ne s'explique pas
S'explique pas

Tes yeux,ta voix,tes mains sur moi toujours ça reste là

Le jour et l'heure,ta peau,l'odeur,l'amour ça reste là
C'est fort encore
C'est mort d'accord
Mais ça ne s'oublie pas
Ne s'oublie pas, ça
Je n'oublie pas

Les yeux,la voix,tes mains sur moi,les mots d'amour ça reste là

Le jour et l'heure,la peau,l'odeur,l'amour c'est là
On oublie pas

Les yeux,la voix,tes mains sur moi,les mots d'amour

Ca reste là
On oublie pas
Ca s'oublie pas

Le jour et l'heure,la peau,l'odeur,l'amour c'est là

On oublies pas
Ca s'oublie pas

Les yeux,la voix,tes mains sur moi,les mots d'amour

Ca reste là
On oublie pas
Je t'oublie pas

Le jour et l'heure,la peau,l'odeur,l'amour c'est là

On oublie pas
Je ne t'oublierai jamais 


lundi 10 janvier 2011

Avec le temps

Thiefaine & Zazie - Avec le temps
envoyé par rycko35. - Regardez plus de clips, en HD !

Avec le temps

Avec le temps...
Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie le visage et l'on oublie la voix
Le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
Chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien



Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
L'autre qu'on devinait au détour d'un regard
Entre les mots, entre les lignes et sous le fard
D'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
Avec le temps tout s'évanouit

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
Même les plus chouettes souv'nirs ça t'as une de ces gueules
A la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
Le samedi soir quand la tendresse s'en va toute seule

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
L'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
L'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
Pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
Devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
Avec le temps, va, tout va bien

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
On oublie les passions et l'on oublie les voix
Qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
Ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

Avec le temps...

Avec le temps, va, tout s'en va
Et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
Et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
Et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
Et l'on se sent floué par les années perdues
Alors vraiment... avec le temps... on n'aime plus
Léo Ferré